Située à deux heures d’Istanbul, au bord du lac d’Iznik ou d’Ascanion, Iznik est une charmante petite ville de province, qui a joué un rôle important dans l’Antiquité.
Baptisée Nicée par un général d’Alexandre le Grand, en l’honneur de son épouse Nikaia, et après une période romaine, elle est célèbre pour le premier Concile de l’Eglise chrétienne en 325. Envahie ensuite par les Arabes, les Seldjoukides et les Croisés, et après avoir été capitale de l’Empire byzantin, c’est en 1331 que Nicée fut baptisée Iznik par les Ottomans.
Elle devint alors le plus important centre de production de céramique de l’empire. Les environs de la ville, riches en silice d’une extrême blancheur, permirent aux potiers de développer leur art et d’atteindre une grande perfection technique. La transparence de la céramique, les couleurs exceptionnelles et l’originalité des motifs furent très appréciés des sultans, qui l’utilisèrent pour recouvrir les murs des mosquées et des palais. Le dynamisme des échanges commerciaux firent connaître la céramique d’Iznik partout dans l’Empire Ottoman et au milieu du XVIème siècle, les Sultans exigèrent la totalité de la production, ce qui provoqua le déclin de l’activité et de la cité.
Le petit centre ville d’Iznik s’articule autour d’un carrefour où se croisent les deux artères principales de la ville, en direction d’une porte d’origine antique. Ces quatre portes, ainsi que les murailles qui l’entourent, ont été remaniées à différentes époques et sont assez bien conservées.
Sur ce carrefour, se dresse l’Hagia Sofia de Nicée. Cette église a été construite au VIème siècle, à l’époque de Justinien, sur le modèle de sa grande sœur de Constantinople. Transformée en mosquée en 1331, un minaret y fut ajouté. Tout près, se trouve le hammam de Murat II toujours en service, et la Mahmut Celebi Camii dont les colonnes du portique ont été récupérées sur des monuments antiques.
A quelques pas de là, se dresse la Suleyman Pasa Medresi devenue un centre d’exposition et de vente de céramiques, où des artisans peignent les objets avec talent et précision, sous les remarquables coupoles du portique.
Un peu plus loin, la Yesil Camii, construite au XIVème siècle, porte bien son nom avec son minaret recouvert de briques et de faiences vertes.
Partout dans la ville et dans la cour du Kaymakamlik, se trouvent des petites boutiques artisanales qui vendent leur production aux visiteurs. Un magasin vend toutes sortes d’objet à peindre, qui feront le bonheur des peintres sur porcelaine.
La visite de la Iznik Cini Vakfi, dont l’objectif est la protection et la conservation de la céramique, permet de découvrir les méthodes anciennes de fabrication et assure le renouveau dans la création. Les grandes fresques qui ornent aujourd’hui les stations du métro d’Istanbul y ont été fabriquées ainsi que des tableaux muraux pour d’autres villes de Turquie et d’ailleurs. La production industrielle de céramique, pour alimenter les boutiques du Grand Bazar et les magasins de souvenirs, a été implantée à Khütaya.
Une autre spécialité d’Iznik aujourd’hui est la production de cagettes en bois destinées aux maraîchers en fruits et légumes, très nombreux dans cette région. Elles s’entassent le long des remparts de la ville, dans la cour des menuisiers.
La promenade au bord du lac, entouré de roseaux, de joncs, et de forêts d’oliviers, dans une ambiance très méditerranéenne, est très reposante. Des restaurants proposent une terrasse ombragée pour déjeuner d’un poisson du lac, le Yayin balik.
/image%2F0884132%2Fob_363ef7_couleurs-istanbul.jpg)



