Promenade littéraire ce matin ..
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« Pour se remettre de son ébahissement, on n'a qu'à enfiler une des mille ruelles qui serpentent sur les flancs des collines de Stamboul. Là règne une paix profonde, et l'on peut contempler tranquillement, sous tous ses aspects, cet Orient mystérieux et jaloux qu'on ne voit, sur l'autre rive de la Corne-d'Or, que fugitivement, à travers la confusion bruyante de la vie européenne. Ici tout est strictement oriental.

Max Schmidt deuxième partie du 19 ème
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Au bout d'un quart d'heure de marche, on ne voit plus personne et l'on n'entend plus aucun bruit. De çà et de là, il y a de petites maisons de bois, peintes de mille couleurs, dont le premier étage avance sur le rez-de-chaussée et le second sur le premier ; les fenêtres sont pourvues d'espèces de tribunes vitrées de tous côtés et fermées par des grilles de bois très serrées, qui semblent autant de petites maisons attachées aux maisons principales, et qui donnent aux rues un aspect tout particulier, plein de tristesse et de mystère. En quelques endroits, les rues sont si étroites, que les parties saillantes des maisons opposées se touchent presque, et l'on marche à l'abri de ces cages humaines, sous les pieds des femmes turques qui y passent une grande partie de la journée, ne voyant qu'une étroite bande de ciel.

Achille Befani Formis .1870

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Dans une autre rue, toute turque et toute silencieuse, vous entendez tout à coup retentir une corne et galoper des chevaux : vous vous retournez, que voyez-vous ? A peine en croyez-vous vos yeux.
C'est un grand omnibus, qui marche sur deux rails que vous n'aviez pas remarqués, un omnibus plein de Turcs et de Francs, avec son conducteur en uniforme et ses affiches de tarif, comme un tramway de Vienne ou de Paris. »


Texte de Edmondo de Amincis dans Constantinople

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