Lady Montagu , épouse ( contre l’avis de ses parents ), le fils de ses voisins , Edward Wortley Montagu, petit-fils d'Édouard Montagu, 1er comte de Sandwich   en 1712. Nommé ambassadeur à Constantinople en 1716 elle décide de l’accompagner, fait assez rare pour l’époque.

Durant son séjour a İstanbul , elle reste tout de même 18 mois a pera , elle écrit ses "Turkish letters " en 1763 . Ces lettres constituent une source rarissime sur les femmes de l’Empire ottoman , en effet c’est son appartenance au beau sexe qui lui permit de fréquenter harem et hammam et d’en savoir plus sur ce que tant de messieurs ont essayer de savoir

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Mais elle découvre aussi à İstanbul l’inoculation de la variole. En effet la première inoculation de la variole fut réalisé en 1701 par Giacomi Pylarini à İstanbul.


Durant cette “expatriation “ dans l’empire Ottoman sous le règne d’Ahmet III elle apprend le turc, elle fréquente la bonne société et observe, reçoit leurs confidences, accompagne au bain ses “mies turques ”.

Ces lettres sont des mines d’informations sur la civilisation et la culture du monde turc.

montagu_portrait_large.jpgmême  petit coude frondeur en costume ottoman cette fois


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Je vous laisse maintenant savourer un petit extrait , expérience au hammam.

 

  J’étais en tenue de voyage, un habit d’amazone, et je dus certainement leur apparaître très extraordinaire; pourtant, il n’y en eut aucune pour montrer la moindre surprise ou curiosité impertinente; elles me reçurent avec toute la courtoisie possible. Je ne connais pas de cour européenne où les dames se seraient conduites de façon aussi polie envers une étrangère. Je crois qu’il y avait en tout deux cents femmes, et pourtant il n’y eut aucun de ces sourires dédaigneux ou de ces murmures ironiques qui ne manquent jamais dans nos assemblées lorsque s’y montre quelqu’un qui n’est pas vêtu exactement à la mode. Elles répétaient encore et encore : Gûzel, pek gûzel, ce qui veut simplement dire : « Charmante, très charmante ».
Les premiers sofas étaient couverts de coussins et de riches tapis sur lesquels étaient assises les dames, et sur les deuxièmes, derrière elles, se tenaient leurs esclaves, mais sans aucune distinction de rang dans leurs atours, car toutes étaient dans l’état de nature, c’est-à-dire en bon anglais complètement nues, sans cacher aucun de leurs charmes ou de leurs défauts; pourtant, il n’y avait pas le moindre sourire licencieux ou le moindre geste impudique entre elles. Elles marchaient et se déplaçaient avec la même grâce majestueuse que Milton prête à notre Mère à tous.
Beaucoup d’entre elles avaient des proportions aussi harmonieuses que les déesses tracées par le pinceau du Guide ou celui du Titien, la plupart avaient une peau d’une blancheur éclatante avec pour seul ornement leur magnifique chevelure divisée en de nombreuses tresses qui pendaient sur leurs épaules, nattées avec des perles ou des rubans, l’image parfaite des Grâces. Je me suis convaincue ici de la vérité d’une réflexion que j’ai souvent faite que, si c’était la mode d’aller nue, on ne ferait guère attention au visage. Je me suis rendu compte que les dames à la peau la plus belle, aux formes les plus délicates, attiraient le plus mon admiration, même si leurs visages étaient parfois moins beaux que ceux de leurs compagnes
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