Autrefois en Anatolie, une jeune femme devait avoir dans son trousseau entre 30 et 40 paires de chaussettes tricotées à la main. Ces chaussettes étaient alors données en cadeau aux amis ou à la famille le jour du mariage.
Les jeunes filles rivalisaient ainsi de talent pour avoir les plus beaux motifs et les plus belles couleurs.

Comme pour les autres artisanats, cette coutume se perd peu à peu mais on peut encore en trouver sur quelques marchés.

 

En revanche on ne pense pas toujours à les "écouter"...
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Car ces chaussettes sont bavardes...

Accessoires du costume d'Anatolie, leurs motifs sont symboliques et disent ce que les langues ne disent pas. Les femmes en les tricotant choisissent d'y écrire sentiments et pensées.


Les motifs portent ainsi des nom évocateurs comme .

"
Seni seviyorum , beni hatılra "
(Je t'aime , souviens-toi de moi) 

ou

 "Yandım alamadim" (Je suis "grillé" , je n'ai pas eu sa main) en sont deux exemples typiques


Le motif  " Çakmak"  est symbole d'amour si un jeune homme porte les "çakmak" qu'une jeune fille lui a tricoté, il affirme à sa communauté et à la belle que son coeur n'est plus à prendre.

La jeune femme acceptant une proposition de mariage enverra le motif
"Örümcek" (arraignée) car comme cet animal, il garantira un homme "tissant sa toile et son foyer" pour protéger la jeune épousée..

* Avis aux veuves et divorcées... lorsque l'une d'entre elle porte des chaussettes d'homme elle signifie qu'elle souhaite se remarier..

( mais je n'irai pas prétendre que de là viendrait l'expression "avoir de l'espoir dans les chaussettes".!!!)

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Certains  motifs sont reservés à des statuts particuliers .


Le " Kuçukağa " (petit aga) n'est porté que par le célibataire
Le " Büyükağa    (grand ag) reservé aux hommes mariés.
Les jeunes femmes à marier portent des chaussettes à talons et bouts rouges
Le " koçboynuzu " (cornes de bélier) est réservé au beau-frère .

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