21 avril : anniversaire de Murathan Mungan..

C’est aujourd’hui l’anniversaire de Murathan Mungan, romancier, dramaturge et poète turc né le 21 avril 1955 à Mardin

Profittons-en pour signaler le blog Les sept climats du Département d'Etudes Turques de l'Université de Strasbourg qui publie aujourd’hui les traduction de 4 de ses poèmes

« L'objet de ce blog est de partager les travaux de traduction des étudiants en turcologie de l'université de Strasbourg, travaux issus des cours de littérature et de traduction animés en licence par Sylvain Cavaillès.”

La garde de la nuit

je t'aime moins
de moins en moins
j'aime comme si j'oubliais
en m'amenuisant
dans l'éloignement obscur au milieu de nous

lorsque c'est ainsi les nuits s'abrègent, les jours se prolongent
je t'aime moins
telle une blessure qui se guérit
un peu moins
et avec le temps

toi tu maintiens la nuit, moi sa garde
dans les lointaines casernes de montagne
nous ne nous voyons pas
calmement descend le brouillard
sur les routes coupées
je te couvre dans les dortoirs où le sommeil est lourd, la lumière légère
dans mes rêves tu dors telle une avalanche
mon amour mon amour
les étoiles de certaines nuits sont beaucoup plus grandes
cela aussi tu l'apprendras lorsque tu seras solitaire comme la garde

désormais je t'aime un peu moins
comme si j'oubliais, comme si je mourais, un peu moins
je me fais payer à nouveau
tout ce que tant d'amours n'ont pas pu m'apprendre
ce n'était pas facile
j'ai également perdu mon enfant, pas seulement mon amour
combien de douleurs m'ont éprouvé en même temps
il y a seulement la nuit dans la vie d'une personne
sa garde durera toute une vie
celle-ci aussi était comme ça,
sois bien, sois en vie, sois loin
mais ne me vois plus


30 décembre 98

Murathan Mungan, Timsah Sokak Şiirleri, Metis, 2003.
Traduit du turc par Elvan Yağlıyurt (L3).

21 avril : anniversaire de Murathan Mungan..

Et pour lire ses romans en français

Quarante chambres aux trois miroirs. Murathan Mungan (Auteur), Alfred Depeyrat (Traduction) - Roman (broché). Actes Sud 10/2003

http://www.couleurs-d-istanbul.com/article-noir-quarante-chambres-aux-trois-miroirs-de-murathan-mungan-60058640.html

Trois voyages pour une seule métaphore : l'existence humaine […..] Le premier voyage est celui d'Alice Star. Cette fille au passé misérable de vedette du porno fait une carrière de star de la pop. Lors d'un concert extraordinaire, devant son public fasciné, Alice est enlevée par un extraterrestre, Adam, qui lui fait vivre une nouvelle genèse, un amour fou… L'espace de quelques années-lumière la protégera-t-il de la chute ? Aliyé voyage moins qu'elle ne fuit : son désir d'être autre ou ailleurs n'est-il que le triste reflet de l'immaturité ? Elle veut rompre, traverser la glace, trouver ce "je" qui n'est pas encore, au risque que, dans la recherche, il devienne un "autre"…Ali vit à Mardin, à l'est de la Turquie, derrière la frontière : suffit-il de passer de l'autre côté, loin d'un milieu traditionnel et de ses déterminations sexuelles, pour se libérer des blessures du passé, des obsessions du présent ?( note de l’éditeur )

21 avril : anniversaire de Murathan Mungan..

Les gants et autres nouvelles Murathan Mungan (Auteur) - Roman (broché). Actes Sud05/2011

Deux célibataires d’un âge respectable construisent, sous le regard goguenard de leurs proches, une relation amoureuse basée sur des liens de confiance et d’attention très subtils. Lorsque la mère de l’homme vient à mourir, révélant en lui une certaine indifférence mêlée de lointaines souffrances, le partage de cette émotion singulière inscrit leur amour dans une tout autre résonance.Un enfant obèse décide de maigrir et observe d’un oeil lucide l’attention nouvelle que lui porte son entourage.Sur les hauteurs d’Istanbul, un père divorcé offre à son fils devenu si lointain la beauté de cette ville ainsi embrassée d’un seul regard.Un jeune homme rencontre l’écrivain qu’il vénère. Entre eux se noue une relation douteuse aux yeux des autres, troublante pour l’auteur et sans la moindre ambiguïté pour le jeune lecteur.De livre en livre, Murathan Mungan poursuit la critique sociale de son pays à travers le portrait des relations affectives. Ainsi dessine-t-il sans ambages une carte du Tendre tout à fait contemporaine, sensuelle et poétique. (note de l’éditeur)

21 avril : anniversaire de Murathan Mungan..

Le tchador Murathan Mungan (Auteur) - Roman (broché).Actes Sud 04/2008

De retour dans sa ville natale, un jeune homme ne reconnaît plus rien. Tout est profondément différent : les femmes se sont effacées, seul le bruissement d’un tissu sombre glisse parfois dans l’ombre des ruelles.

Un jeune homme nommé Akhbar revient au pays après des années d’exil. Dans les ruelles de sa ville natale, il cherche sa maison, sa mère, sa sœur, sa fiancée. Mais rien, plus rien n’est ici comme avant. Un drame, une guerre, tout est différent et personne ne peut lui dire ce que sont devenus sa rue, sa maison, les siens. Comme un somnambule le jeune homme tente de calmer son angoisse, il déambule dans les rues, cherche un peu de sérénité dans les mosquées mais rien ne l’apaise, le calme intérieur a lui aussi déserté sa vie. Soudain il réalise que le changement majeur réside dans la beauté des femmes. Depuis son arrivée, il n’a croisé aucun visage, aucune silhouette. Aucune émotion ne l’a effleuré. Aucun regard n’a croisé le sien. Rien. Les tchadors sont de lourdes robes sombres au fond desquelles sont jetées les femmes, leur visage est entièrement recouvert, leur regard indiscernable est perdu très loin derrière un grillage de lin noir.

L’angoisse est aussi lourde que ces tchadors qui glissent silencieusement dans l’ombre des ruelles. Le jeune homme parviendra-t-il à retrouver sa mère dans la poussière de ce terrifiant lointain ? (note de l’éditeur)

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