Pulchérie, Sainte, Impératrice, héroine de tragédie... et son eau de Cologne

Mais qui est donc cette Sainte dont une toute nouvelle eau de Cologne portera désormais le nom à İstanbul : Eau de l’Impératrice Sainte Pulchérie. ( voir ici )

Aelia Pulchérie ou Pulchérie née à Constantinople le 19 janvier 39 décédée le 11 novembre 453 marqua l'histoire politique et religieuse de son temps.

Fille d'Arcadius et d'Eudoxie et sœur aînée (deux ans de plus ) de Théodose II dit aussi Théodore le Calligraphe en raison de son goût et talent pour cet art.

Lorsqu’il succède à son père à l'âge de sept ans, il règne d'abord sous la régence du préfet du prétoire Anthémius puis sous celle de Pulchérie, élevée au rang d’Augusta. De 414 à 421 c'est Pulchérie qui exerce un rôle dominant transformant la cour en quasi-monastère du fait de son caractère profondément dévot.

«Theodosius II Louvre » photo Marie-Lan Nguyen

Pulchérie, Sainte, Impératrice, héroine de tragédie... et son eau de Cologne

Ayant fait vœu de virginité, Pulchérie fait régner à la cour une atmosphère monacale promulguant des mesures anti païennes qui menèrent parfois à débordements.

À la mort accidentelle de Théodose, d'un accident de cheval en 450, Pulchérie lui succède, d'abord seule, puis avec son époux un vieil officier thrace appelé Marcien, qui règne avec elle et se révèle être excellent administrateur et diplomate jusqu'à son décès le 11 novembre 453.

Elle fonda le monastère de la Panaghia Hodigitria à Constantinople. Elle qui mena une vie ascétique, fut considérée comme Sainte ainsi que son époux et fut le principal personnage d'une comédie héroïque de Pierre Corneille (Pulchérie, 1672), comédie-héroïque s'inspirant de la fin de la vie de l'impératrice et de son mariage avec Marcien.

Texte intégral ici

Pulchérie, Sainte, Impératrice, héroine de tragédie... et son eau de Cologne

« AU LECTEUR

Pulchérie, fille de l'Empereur Arcadius, et soeur du jeune Théodose, a été une princesse très illustre, et dont les talents étaient merveilleux. Tous les historiens en conviennent. Dès l'âge de quinze ans elle empiéta le gouvernement sur son frère, dont elle avait reconnu la faiblesse, et s'y conserva tant qu'il vécut, à la réserve d'environ une année de disgrâce, qu'elle passe loin de le Cour, et qui coûta cher à ceux qui l'avaient réduite à s'en éloigner. Après la mort de ce Prince, ne pouvant retenir son autorité souveraine en sa personne, ni se résoudre à a quitter, elle proposa son mariage à Martian, à la charge qu'il lui permettrait de garder sa virginité, qu'elle avait vouée et consacrée à Dieu. Comme il était déjà assez avancée dans la vieillesse, il accepta la condition aisément, et elle le nomma pour Empereur au Sénat qui ne voulut, ou n'osa l'en dédire. Elle passait alors cinquante ans, et mourut deux ans après. Martian en régna sept, et eut pour successeur Léon, que ses excellentes qualités firent surnommer le Grand. Le Patrice Aspar le servit à monter au trône, et lui demanda pour récompense l'association à cet Empire, qu'il lui avait fait obtenir. Le refus de Léon le fit conspirer contre ce maître qu'il s'était choisi, la conspiration fu découverte, et Léon s'en défit. Voilà ce que m'a prêté l'Histoire. je ne veux point prévenir votre jugement sur ce que j'ay ai changé, ou ajouté, et me contenterai de vous dire que bien que cette pièce ait été reléguée dans un lieu, où on ne vouait plus se souvenir qu'il y eut un théâtre, bien qu'elle ait passé par des bouches pour qui on n'était prévenu d'aucune estime, bine que ses principaux caractères soient contre le goût du temps, elle n'a pas laissé de peupler le désert,, de mettre en crédit des acteurs dont on ne connaissait pas le mérite, et de faire voir qu'on n'a pas toujours besoin de s'assujétir aux entêtements du siècle pour se faire écouter sur le scène. J'aurai de quoi me satisfaire, si cet ouvrage est aussi heureux à la lecture, qu'il a été à la représentation, et si j'ose ne vous dissimuler rien, je me flatte assez de l'espérer. »

Pierre de Corneille

Pulchérie, Sainte, Impératrice, héroine de tragédie... et son eau de Cologne

PULCHÉRIE

Je suis impératrice, et j'étais Pulchérie.

De ce trône, ennemi de mes plus doux souhaits

Je regarde l'amour comme un de mes sujets :

Je veux que le respect qu'il doit à ma couronne

Repousse l'attentat qu'il fait sur ma personne ;

Je veux qu'il m'obéisse, au lieu de me trahir ;

Je veux qu'il donne à tous l'exemple d'obéir ;

Et jalouse déjà de mon pouvoir suprême,

Pour l'affermir sur tous, je le prends sur moi-même.

Scène III. Acte 1.

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