"Les bonnes fées des berceaux turcs " par Christelle D.D

Elever son enfant est, en soi, toute une aventure, toute une découverte quotidienne des plus merveilleuses certes, mais lorsqu'en plus de cela le petit décide de venir au monde à l'étranger , papa et maman s'adaptent, découvrent, testent sourient parfois plus ou moins jaune ou rose... Ainsi laissons la parole à une maman , Christelle, et sa nouvelle rubrique, "J'élève mes enfants en Turquie" par Christelle D.D., tous les 2 du mois.

"J'élève mes enfants en Turquie" par Christelle D.D

Les bonnes fées des berceaux turcs


Pour inaugurer cette série d'anecdotes et d'impressions sur le vécu des enfants en Turquie, quel autre sujet que celui de la naissance ? A chaque pays ses traditions, colifichets et aliments pour accueillir un nouveau-né et lui porter chance. Dans les boîtes à souvenirs de nos deux garçons, deux objets en particulier n'y auraient pas trouvé leur place s'ils étaient nés ailleurs qu'en Turquie... : la pièce d'or fait partie de l'arsenal des cadeaux les plus traditionnels. On a bien entendu le choix entre plusieurs grammages et c'est certainement le présent le plus souvent offert par les entreprises pour éviter toute faute de goût... Et bien évidemment, des "boncuk" (prononcez "bondjouk"), ces petites perles bleues et blanches, incontournables gris-gris, chasseurs de mauvais-œil, exterminateurs de maladies, empêcheurs de tourner en rond des petits et grands maux du quotidien... On en met partout : en broches sur les vêtements, en stickers sur les paquets-cadeaux, en décoration dans la chambre et sur les portes... ; et on ne lésine pas sur la quantité lorsqu'il s'agit d'un enfant ! Un peu comme si pour se défendre et conjurer la malchance, on fournissait aux bébés des yeux pour appliquer la loi du talion : pas de dent encore mais oeil pour oeil !


Non photographiable, mais ô combien mémorable : l'interjection "MACHALLAH !" ("Ce que dieu a voulu")... Dès que l'on sort dans la rue avec un bébé ou un enfant, cela devient une petite ritournelle agréable à entendre, prononcée par de parfaits inconnus à notre adresse : à la fois pour féliciter sur la bonne santé de l'enfant et préserver ce dernier. Si l'enfant est blond aux yeux bleus, c'est le jackpot, vous l'entendrez d'autant plus ! Premier stade de connivence avec vous, les passants plus téméraires tenteront ensuite les gouzis-gouzis, voire les pincements de joue.
Cela se dit également en réponse à un compliment fait au sujet de l'enfant, car le mauvais-œil pourrait s'intéresser de près à une personne dont on dirait trop de bien...
C'est certainement ce par quoi j'ai été le plus contaminée ici : c'est bien simple, on ne peut pas adresser un compliment à nos garçons sans que je réplique immédiatement un "MACHALLAH" protecteur... Et c'est limite si je ne m'offusque pas dudit compliment qui pourrait justement nous attirer la poisse...

Christelle D.D

"Les bonnes fées des berceaux turcs " par Christelle D.D
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